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🇬🇧 Old Cafés, New Cafés: Not a Battle, But an Adjustment
When we speak about cafés, there’s often a familiar narrative: the old, authentic cafés are disappearing, pushed aside by global chains. The implication is always the same — that something precious has been lost, that modern life has destroyed tradition.
But is it really that simple?
If you look closely, the story of cafés has always been one of adaptation. In every era, cafés mirrored the needs of society:
The 19th-century Parisian café where writers scribbled and debated. The Italian espresso bar built for a five-minute pause before work. Today’s Starbucks or Korean study café, where Wi-Fi, outlets, and larger tables matter as much as the menu.
What looks like “loss” is often just adjustment: a shift to new rhythms of life, new rights, and new expectations. Students need affordable seats for hours; freelancers need a public space to work when rent makes a home office impossible; friends need a neutral place to meet that feels safe and accessible.
I can’t help but noticing (and here is someone who is also an archaeologist speaking) a troubling undertone in the obsession with “reviving the old.” Too often, behind nostalgic calls for authenticity lies something else: an attempt to deny or erase contemporary needs — especially those that workers and women fought for over centuries. Rights to dignity, to fairer treatment, to spaces that adapt to human realities rather than forcing people into outdated molds.
This reflection comes from personal experience. I once worked for narrow-minded store owners in the historic center of Rome, where nostalgia for the “old ways” too often masked exploitation and contempt for workers. More recently, I was reminded of this dynamic while watching a K-drama about female employees in coffee companies — women expected to endure abuse in silence, all in the name of tradition and loyalty.
And who would benefit from resisting the natural, smooth progress that society — with its coffee habits and much more — is making? I have the feeling it won’t be women, nor workers…
The café has always been less about coffee than about connection, possibility, and belonging. If today’s cafés respond to the rights and needs that society has fought to secure, then they aren’t a betrayal of tradition — they are its evolution.
🇫🇷 Anciens cafés, nouveaux cafés : non pas une bataille, mais un ajustement
Quand on parle de cafés, on entend souvent la même histoire : les anciens cafés authentiques disparaissent, remplacés par les grandes chaînes mondialisées. L’implication est toujours la même — quelque chose de précieux aurait été perdu, la vie moderne aurait détruit la tradition.
Mais est-ce vraiment si simple ?
En réalité, l’histoire des cafés est depuis toujours celle de l’adaptation. À chaque époque, ils ont reflété les besoins de la société :
Le café parisien du XIXe siècle, où l’on écrivait et débattait. Le bar à espresso italien, pensé pour une pause de cinq minutes avant le travail. Les Starbucks ou study cafés coréens d’aujourd’hui, où le Wi-Fi, les prises électriques et les grandes tables comptent autant que la carte.
Ce qui semble une “perte” est bien souvent un ajustement : une réponse aux nouveaux rythmes de vie, aux nouveaux droits, aux nouvelles attentes. Les étudiants ont besoin d’un espace abordable pour travailler des heures durant ; les indépendants d’un lieu public pour exercer leur activité quand le loyer rend impossible un bureau à domicile ; les amis d’un espace neutre, sûr et accessible pour se retrouver.
Je ne peux m’empêcher de remarquer (et ici parle aussi quelqu’un qui est archéologue) une tonalité inquiétante dans cette obsession de “faire revivre l’ancien.” Trop souvent, derrière ces appels nostalgiques à l’authenticité se cache autre chose : une tentative de nier ou d’effacer les besoins contemporains — en particulier ceux que les travailleurs et les femmes ont conquis au fil de siècles de luttes. Le droit à la dignité, à un traitement plus juste, à des espaces qui s’adaptent aux réalités humaines plutôt que de forcer les individus dans des moules dépassés.
Cette réflexion naît aussi d’une expérience personnelle. J’ai travaillé pour de petits commerçants étroits d’esprit dans le centre historique de Rome, où la nostalgie des “anciennes manières” masquait trop souvent exploitation et mépris des salariés. Plus récemment, une série coréenne m’a rappelé cette dynamique : des employées de cafés, femmes contraintes d’endurer abus et humiliations, au nom de la tradition et de la loyauté.
Et qui profiterait d’une résistance au progrès naturel, fluide, que la société — avec ses habitudes de café et bien plus — est en train d’accomplir ? J’ai le sentiment que ce ne seront ni les femmes, ni les travailleurs…
Le café a toujours été moins une affaire de boisson qu’une affaire de lien, de possibilité et d’appartenance. Si les cafés d’aujourd’hui répondent aux droits et aux besoins que la société a su conquérir, ils ne trahissent pas la tradition — ils en sont l’évolution.